portrait de Sergio de Castro, galerie d'art Nantes

Sergio de Castro

Une œuvre construite autour de la lumière et de la structure, marquée par la rigueur de la composition et la place essentielle de la couleur. Un travail qui évolue vers une liberté formelle accrue, sans jamais abandonner la construction.

À propos de l’artiste

Né à Buenos Aires en 1922, Sergio de Castro passe son enfance entre la Suisse, l’Italie, l’Uruguay et l’Argentine. En 1941, il entre dans l’atelier de Joaquín Torres García à Montevideo. Il y apprend une exigence de construction et un rapport très structuré à l’espace qui resteront au cœur de son travail. Installé à Paris à partir de 1949, il y développe une œuvre autonome, nourrie de références à la peinture ancienne, mais aussi d’une attention constante à la lumière.

Les premières années sont celles de la mise en place d’un langage. Dessins et peintures explorent des structures simples, des rythmes géométriques et des équilibres de plans. La couleur s’affirme progressivement, sans rompre avec cette organisation très construite de l’image.

À partir du milieu des années 1950, sa peinture trouve son assise. Les paysages, les ateliers et surtout les natures mortes deviennent centraux. Réalisées pour beaucoup à la tempera à l’œuf, elles associent précision du dessin, densité de la matière et intensité de la couleur. Dans ces mêmes années, il développe un ensemble important de vitraux, dont La Création du Monde pour le monastère des Bénédictines de Caen, qui ouvre un dialogue durable entre peinture et architecture.
Son travail est rapidement montré à l’étranger. Il participe notamment à la Documenta II de Cassel en 1959. En 1965, la Kunstverein de Hambourg organise une première rétrospective importante, réunissant environ 110 peintures. L’année suivante, le Musée d’Art et d’Histoire de Fribourg présente à son tour une rétrospective de son œuvre. Ces expositions confirment la place singulière qu’il occupe dans le paysage artistique européen.

À partir des années 1970, la peinture évolue vers une plus grande liberté. Les couleurs s’intensifient, les compositions s’ouvrent, la lumière devient plus active dans la construction des formes. Les paysages méditerranéens et les thèmes bibliques prennent une place plus importante, sans rupture avec les recherches précédentes.

Dans les décennies suivantes, le dessin et les œuvres sur papier occupent une part croissante de son travail. La facture se simplifie, mais la structure reste très présente. Il poursuit parallèlement ses recherches dans le vitrail, notamment avec les Prophètes de la collégiale de Romont en Suisse.

L’œuvre de Sergio de Castro est aujourd’hui conservée dans plusieurs collections publiques, notamment au Musée d’art et d’histoire de Saint-Lô, qui réunit le fonds le plus important grâce à la donation de l’artiste en 2006, ainsi qu’au Musée national des Beaux-Arts et au Museo de Arte Moderno de Buenos Aires, au MUMOK de Vienne et au Musée d’Art et d’Histoire de Fribourg.


Bibliographie : L’école de Paris 1945-1965, Lydia Harambourg, Ides et Calendes, 2010 / Le Delarge, le dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains / sergiodecastro.org/fr

Œuvres de l'artiste