Jean-Paul Huftier au travail

Jean-Paul Huftier

Du geste et de la matière dans la peinture de Jean-Paul Huftier. Un travail qui s'inscrit dans ces nouveaux chemins qui émergent à la fin des années 60 : BMPT, Support-Surface.

À propos de l’artiste

Jean-Paul Huftier (1944-2019) est un peintre français né à Lallaing (Nord).
Il y a dans la peinture de Jean-Paul Huftier du geste et de la matière. Une matière épaisse, coulures, traces et giclures. Une peinture du geste volontaire fait de coups de brosse appliquées en couches superposées. Une gamme chromatique qui s’appuie sur sur les primaires altérées par addition. Témoignages indéniables de l’activité physique du peintre sans, la volonté d’exprimer ses propres émotions traduction par cette gestuelle.
Jean-Paul Huftier disait de sa peinture « Ni figuration, ni abstraction. Plutôt l’expression d’une tentative de liberté, de survie, de résistance. Surtout pas une image du monde traitée par des moyens picturaux, mais je l’espère une vision, un rapport au magma qui ferait que chaque tableau serait comme un petit big-bang »
Le travail de Jean-Paul Huftier s’inscrit dans ces nouveaux chemins picturaux qui émergent à la fin des années 60 – BMPT* , Support -Surface** – , dans une « certaine » postérité de Support – Surface défait de son investigation idéologique et dialectique sur les buts et les moyens de peindre.
De nombreuses expositions personnelles et collectives scandent le parcours artistique de Jean-Paul Huftier en France et à l’étranger (Luxembourg, Danemark, Belgique, Allemagne, Autriche, Suède, Espagne, USA, Québec, Japon).

*BMPT : groupe éphémère (1967 et 1968) composé de Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier, Niele Toroni : refus des codes sensibles traditionnels, absence de tout message et rejet de l’histoire de l’art.

Support-Surface : D’autres artistes originaires de Nice et Montpellier Louis Cane, , Daniel Dezeuze, Patrick Saytour, Claude Viallat Vincent Bioules, (actif dès 1966), porteurs d’une forte radicalité suscite le même phénomène : remise en question des moyens picturaux traditionnels. Ces artistes interrogent la peinture – le tableau n’a pas à délivrer de message et ne représente rien d’autre que sa propre réalité matérielle : toile, pigment et forme – et le processus de création.
Ils élaborent une diversité de de techniques d’application de la couleur et du geste. Utilisation de tampons, empreintes, techniques de pliage , trempage, . pochoirs, éponges, ciseaux, bâtons, pistolets.… Ils peignent des motifs répétitifs, des aplats de couleurs aux formes aléatoires et affectionnent les très grands formats. La couleur déborde de la toile pour atteindre le cadre et casse ainsi le rapport classique support-surface.
Les œuvres bicolores ou monochromes nettes ou auréolées selon l’épaisseur de la toile écrue et selon la planéité du sol sur lequel elles sont posées sont peintes au pinceau ou vaporisées au pistolet. La toile peut être teinte plutôt que peinte, la couleur l’imprègne, la traverse.

Bibliographie : huftier.com / Le Delarge, dictionnaire des arts plastiques et contemporains / Regard sur la peinture contemporaine, Gérard Xuriguera, Arted éditions d’Art, Paris 1983

Œuvres de l'artiste