Jean Miotte
Une abstraction qui le place entre l’Art informel, le tachisme et l’abstraction lyrique. Une peinture libre et instinctive, sans passer par le croquis. Un art pictural nourrit et pénétré par le monde de la danse. Une grande importance à la représentation du mouvement.
À propos de l’artiste
Jean Miotte (1926-2016) est un peintre français, né à Paris.
Après des études de mathématiques, il découvre la peinture, en 1946, durant son service militaire. Fréquente, en 1947, les ateliers de peintres et les Académies de Montparnasse.
Jean Miotte réalise sa première toile abstraite en 1950 et ne délaissera jamais l’abstraction.
Une abstraction qui le place à la frontière entre l’Art informel, le tachisme et l’Abstraction lyrique.
On entend par art informel l’absence de formes, une rupture avec le rapport aux formes traditionnelles et la redéfinition de la composition. Ce mouvement naît dans une Europe marquée par l’après guerre.
Tachisme – terme utilisé en 1952 par le critique d’art Michel Tapié- vient du nom « tache » et renvoie à un processus de création fait à partir de la tâche qui éclabousse ou goutte sur le support.
Jean Miotte pratique une peinture libre et instinctive et ne passe jamais par le croquis. « C’est l’intuition qui compte avant tout lors de la naissance de l’œuvre ». Une peinture, selon lui, résultat de conflits intérieurs, « un geste que l’on porte en soi ».
Il expose pour la première fois au Salon des Réalités nouvelles en 1953 et y exposera jusqu’en 1963. Date à laquelle il reçoit le prix de la Ford Foundation qui lui donna accès à une bourse pour travailler aux Etats Unis.
Il séjourne quelques mois aux Etats-Unis et noue des relations avec des artistes réputés tels que Rothko, Calder, Lipchitz.
A travers son art – un art qui évoluera à plusieurs reprises du graphisme descriptif des années 60, puis la sobriété des couleurs sur la toile écrue, le travail sur papier kraft , la gouache au milieu des années 70 – Jean Miotte accorde une grande importance aux choix des couleurs, à la représentation du mouvement.
Jean-Clarence Lambert, poète et critique d’art, parle de la peinture de Jean Miotte comme d’une « abstraction chorégraphique ». Un art nourrit et pénétré par le monde de la danse avec lequel Jean Miotte noua des affinités électives, tels les danseuses Zizi Jeanmaire, Rosella Hightower, le danseur Wladimir Skouratoff.
Un travail qui lui a permis de briser des frontières culturelles.Il est le premier artiste peintre occidental à être invité à exposer ses œuvres à Pékin après la mort de Mao. En mai 1980, Jean Miotte expose 50 œuvres à Pékin au Centre culturel français.
De nombreuses expositions particulières et collectives ponctuent le parcours pictural de Jean Miotte tout particulièrement en Allemagne où il installe à Hambourg, en 1972, son atelier – Ludwig Museum de Cologne, le Museum am Ostwall de Dortmund, le Saarlandmuseum à Sarrebruck et la Pinakothek à Munich …. et aussi au Musée d’art Moderne de la Ville de Paris, Hong Kong Art Center, l’Institut franco-japonais de Tokyo, Musée national de Singapour, National Museum of History de Taipei, Striped House Museum de Tokyo, le Guggenheim Museum, Museum of Modern Art de New York….
En 2002, Jean Miotte ouvre sa propre fondation à New York, aujourd’hui située à Fribourg, avec une collection permanente des oeuvres.
Bibliographie : L’école de Paris 1945-1965, Lydia Harambourg, 2010 / Regard sur la peinture contemporaine, Gérard Xuriguera, arted 1983 / https://fondationmiotte.com